Déjà deux ans!!!!

Déjà deux ans!!!!

 

Déjà deux ans !!! La deuxième année de vie de votre enfant est une année charnière dans son développement psychoaffectif. Votre enfant marche et se déplace avec facilité ; il commence aussi à parler, à s’exprimer, et si l’on est ravi d’entendre les premiers « Papa », « Maman », les premiers « Non » sont beaucoup plus difficiles à accepter pour les parents. Jamais vous n’auriez cru possible que votre petit ange se roule par terre, tape du pied, recrache sa nourriture et pourtant c’est bien votre enfant qui s’oppose à vous. Quand on parle de crise, on pense, à tort, à la crise de l’adolescence pourtant l’enfant traverse tout au long de sa vie une multitude d’étapes et de crises.

Deux ans c’est l’âge des fameuses crises de colère. Au supermarché, au parc, à l’heure du bain, du repas votre enfant ne loupe aucune occasion de vous faire sortir de ses gonds.

Deux ans, c’est aussi l’âge du « Non ». Avec ce petit mot, l’enfant acquiert un grand pouvoir: celui de s’opposer, mais aussi de s’affirmer.

Pour mieux comprendre la raison de ces colères, il faut s’intéresser au processus de maturation neuronale de l’enfant. À deux ans, même s’il a acquis un certain nombre de compétences motrices, intellectuelles, sensorielles, le système chargé de gérer et réguler les émotions n’est pas totalement fonctionnel ce qui explique les colères et les sautes d’humeur. L’enfant est souvent dépassé par ses sentiments ou ses sensations : la faim, la soif, la fatigue, la douleur, l’incompréhension, l’impuissance et le manque de contrôle, la frustration, la peur. Tout s’exprime dans les cris, les pleurs et les colères.

 

Mais, rassurez-vous, cette étape n’est que transitoire et les crises ont tendance à s’atténuer progressivement jusqu’aux 5 ans de votre enfant. En attendant, il revient aux parents d’apprendre à leurs enfants comment mieux gérer la frustration, l’attente, la douleur et les peurs de cet âge et répondre à leur besoin d’autonomie.

 

L’enfant à cet âge est particulièrement sensible aux réactions de leurs parents. Aussi si dans le passé, il a obtenu quelque chose par un excès de colère, il recommencera dans le but d’arriver à ses fins. L’enfant peut également chercher à attirer l’attention lorsqu’il se sent tenu à l’écart, ignoré ou délaissé. Il revient donc aux parents d’adopter la bonne attitude et de ne pas se laisser dépasser par les évènements.

 

Les conseils du psy :

 

  • Garder son calme. En toutes circonstances, les parents ne doivent pas montrer à l’enfant qu’ils sont exaspérés et ne doivent pas perdre patience.
  • Donner des repères : les parents oublient souvent que les enfants ont leur propre rythme. Les transitions, les fins d’activités surtout si elles sont plaisantes. Il est préférable de permettre à l’enfant d’anticiper les fins d’activités et le différent moment de la journée. Les planifications journalières sont très appréciées des enfants entre 2 à 5 ans.
  • Mettre des limites : les parents maintiennent un cadre qui doit être rassurant pour l’enfant, mais aussi valorisant. Les punitions doivent être proportionnelles à ce que l’enfant peut comprendre. Ignorer l’enfant pendant quelques minutes suffit souvent à faire diminuer la crise. Lorsque l’enfant cesse de pleurer par exemple, il est important de le réconforter et de le féliciter. Les punitions trop longues ne sont pas comprises par l’enfant qui à deux ans n’a pas la même notion du temps que l’adulte.
  • Mettre des mots : une fois la situation calmée, les parents peuvent reprendre ce qui s’est passé en posant les bons mots. « c’est interdit », « au supermarché on achète de la nourriture ». « Les enfants doivent prendre leur bain ».
  • Autonomiser: L’enfant cherche à gagner en autonomie. Avoir l’impression d’aider ou de participer à une tâche quotidienne responsabilise et valorise l’enfant. Qui commencera bientôt les jeux d’imitations et de faire-semblant. Les parents ne pensent pas suffisamment à laisser le choix aux enfants. Bien souvent leur proposer un choix fermé, réduit significativement le nombre et l’intensité des crises.

 

 

Danielle Michelet

Psychologue clinicienne

Diplômée de l’université Paris-Descartes, Paris 5

Master psychologie clinique et psychopathologie

 

 

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